L’ ÉGLISE DE LA SALVETAT - SAINT - GILLES

 

à l’origine,  la Sauveté 

 

           Bannière de l’Ordre des Hospitaliers - bulle de Pascal II -  15 février 1113

              

Autorisation  Éditeur du 29 septembre 2016 

 ÉGLISE   SAINT  GILLES


Une petite église communale riche d’un passé qui remonte à la construction
du château de Raymond IV, Comte de Saint Gilles, au XIIe siècle.

                                                                                         

Avertissement :

Cet essai regroupe des extraits[3] de documents issus des archives départementales, diocésaines, paroissiales, et municipales. Il fait le point  sur ce qui est connu aujourd’hui du passé de l’église de la Salvetat-Saint-Gilles en Haute Garonne.
 

Il pourrait modestement venir s’ajouter au travail remarquable de Mr Guy PEYRO et des anciens de la Commune, passionnés par son Histoire, http://www.lasalvetatautrefois.fr. 

Par  Colette CARTIGNY


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[3]   Extraits d’une étude existante  plus détaillée




AU COEUR DU VILLAGE


Edmond Cabié,  1881. « Église et château, vus du Sud »[4].

 

PLAN 

     

1.    Présentation de la Paroisse

2.      Quelques dates pour se situer dans l’Histoire

3.      Loi de 1905 – Séparation des Églises et de l’État

4.      La Sauveté Castrale

·        Sur le Chemin de Saint Jacques de Compostelle par Auch

5.      Le Curé sous l’Ancien Régime

6.      Un passé glorieux

·        Liste des Curés de la paroisse de La Salvetat Saint Gilles : 1680 / 1940

7.      Le Presbytère ou Maison Curiale

8.      La Chapelle Vicariale

·        Le clocher-mur du XVIIe siècle

·        Conservation de l’édifice

9.      Remerciements

10.  Bibliographie

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[4]           Archives de la Société Archéologique du Midi de la France, Documentation DRAC-CRMH Midi-Pyrénées

PRÉSENTATION DE LA PAROISSE

 Notre paroisse est dite  « des fleurs jaunes »[5]  et la plus petite du doyenné. 

L'église avec un petit  « e » 

La première aurait été consacrée à Saint Vital. Elle devient Saint Gilles à la possession du terroir par les comtes de Saint Gilles du Gard.
Elle domine maintenant, sur un promontoire, l’espace conquit sur la forêt de Bouconne au début du second millénaire.
Le temps ne l’a pas épargnée mais une restauration en 1880 nous l’amène au seuil du vingtième siècle en bon état.
L’ une des cloches est antérieure à la Révolution : 1786.
Les vitraux ont été rénovés en 2006.

 L’Église avec un grand « E »

Une petite communauté qui réunit le dimanche une centaine de fidèles.
Une vie spirituelle simple et fervente où les enfants sont bien présents.
Tous les ans, à Pâques, un chemin de Croix en plein air est réalisé pour eux dans le village.
Aux grandes fêtes l’église étant trop petite (150 places) nous déménageons temporairement à Boris VIAN, la salle des fêtes, pour accueillir 4 à 500 personnes.
Le bon esprit de la communauté en fait un interlocuteur crédible auprès d’une municipalité attentive.

                           Alain CARTIGNY  2006

POUR SE REPÉRER DANS L’HISTOIRE

 

70 av J.-C.

Antiquité Romaine la grande majorité de la Gascogne est vide de construction et de cultures. Quelques  villages épars. 

477

Toulouse capitale du royaume Wisigoths.

849

Toulouse et sa région se rend à Charles le Chauve. Donnée à Frédelon de la Maison de Saint Gilles dont le frère, Raymond Ier  est l’ancêtre des Comtes de Toulouse. L’Église évangélise les campagnes.

924

Pillages Magyares (Hongrois) en Languedoc (924) et jusque sur la Garonne (951).

1073/1075

Réforme grégorienne : l'Église catholique se veut plus morale et indépendante.

1088/1096

Avènement de Raymond IV Comte de Saint Gilles, construction du château.

1096/1270

Le temps des (9) croisades [6]

1100/1120

Les Hospitaliers créent une quarantaine de sauvetés en forêt de Bouconne.

Vers 1140/1141

La sauveté s'établit au bas du château de Raymond IV.

1159

Le nom de « La Salvetat Saint Gilles »[7] apparaît officiellement.

1167

La Peste : Les Capitouls transportent leur siège de Toulouse au château de La Salvetat  Saint Gilles[8] .

1206

Dominique, prêtre castillan venu de Caleruega, commence un travail de missionnaire dans le Languedoc séduit par le catharisme.[9]

1209

Croisade des Barons initiés par le Pape Innocent III contre le catharisme.

1213

1539

Bataille de Muret.

Ordonnance de Villers-Cotterêts. Tenue des registres dans les paroisses.

1545/1563

Concile de Trente en réponse aux demandes formulées par Martin Luther

1574

Occupation de La Salvetat Saint Gilles  par les Protestants[10].

Avril 1598

Édit de Nantes par François Ier  et fin des guerres de Religion.

1787

Édit de Versailles par Louis XVI : fin des persécutions contre les protestants.

9 déc 1905

Loi  de séparation des Églises et de l’État.

5 janv 1965

 la commune de La Salvetat   prend, par décret, le nom de  La Salvetat-Saint-Gilles.

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[6]      Après les croisades, les catholiques ne peuvent plus, durant cinq siècles, faire le pèlerinage de Jérusalem.
[7]      Dans un texte du cartulaire de Saint-Clar -plus ancien- les lieux avaient le nom de  Saint-Jean du Castellar.
[8]      La commune fut préservée, il en fut de même, lors des épidémies de 1481 et  1493.
[9]      La papauté a créé l’Inquisition en 1231, dix ans après sa mort.
[10]  Vie religieuse à La Salvetat (Archives départementales) 


LA   SAUVETÉ   CASTRALE

La légende :

Les capitouls fuyant la terrible peste de 1167 s’y réfugient. La localité portera par la suite le nom de La Salvetat Saint Gilles. On sait à présent qu' en 1159, la Salvetat Saint Gilles existait déjà sous cette dénomination, du fait de la création de la Sauveté au bas du Château de Raymond IV. 

Le phénomène de création des sauvetés concerne uniquement le sud-ouest de la France et précède le mouvement des bastides. 

Les Sauvetés  sont des  enclos sacrés balisés par des bornes en pierre appelées «pyramides de sauveté» surmontées de croix. L’église se construit à l’intérieur de cet espace. Nos croix des chemins en sont-elles une réminiscence ? 

Le mouvement de fondation des sauvetés commence au milieu du XIe siècle. En relation avec une phase de paroxysme des violences nobiliaires dans cette région, avec l’arrivée à maturité du mouvement de la Paix de Dieu, enfin avec le mouvement de croissance démographique et le besoin de terres nouvelles. 

Parmi  les dernières sauvetés créées, vers 1140, La Salvetat St Gilles s'est fondée par association (acte de paréage) entre l'Ordre des Hospitaliers et le Seigneur du  château qui en assure la protection. A l'origine, elle était certainement fortifiée par une enceinte en bois ( forêt de Bouconne proche) pour se protéger de la montée des violences de la grande guerre méridionale :

" Les Hospitaliers ayant reçu, (...),   au XIIe siècle,  l'Église, le Château et ses terres, une sauveté s'établit au bas du château . Dénommée  «Salvetat Saint Gilles» son nom apparaît officiellement pour la première fois dans les chartes de l'Abbaye cistercienne de Bonnefont en Comminges en l'année 1159. L'on peut donc penser qu'il s'agit d'une sauveté castrale. Dans un texte du cartulaire de Saint Clar -plus ancien- les lieux avaient le nom de  Saint Jean du Castellar »[11].

 

On ne peut, faute de document, connaître de date  précise -avant 1159- où se substitua le nom de La Salvetat Saint Gilles à celui de Saint Jean du Castellar .

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[1]              Études sur les sauvetés castrales" par Gérard Pradalié. 1990. http://www.bastides.org/nouvelle_approche.htm



  
 

SUR LE CHEMIN DE SAINT JACQUES  DE COMPOSTELLE PAR  AUCH

 

Les sauvetés  auraient eu un double rôle : celui de peuplement et de mise en valeur de terres encore vierges, mais également celui d'étapes sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. 

Crée vers 1140, notre Sauveté le fut à l’apogée[12]  du pèlerinage vers Compostelle. La notion de « Chemins de Saint Jacques de Compostelle » n ‘existait pas alors et les itinéraires étaient mouvants et multiples. 

La Salvetat Saint Gilles  était-elle la sauveté fondée par les Hospitaliers sur le chemin de Saint-Jacques par Auch, comme le laisse à penser une Bulle du 20 mars 1178 du Pape Alexandre III où il est dit : « l'Ordre possédait deux sauvetés dans le diocèse de Toulouse[13] dont l'une était  "in strata iuxta burgum Legabuni" -au voisinage de Léguevin ? »  [14]  

Guy Lavignac et Pierre Casamayor accordent une grande importance aux pèlerins  de retour de Saint Jacques de Compostelle comme diffuseurs de cépages. Les voyageurs goûtent le vin des régions traversées et parfois rapportent des boutures pour les essayer chez eux. La viticulture est soutenue par le clergé qui a besoin de vin pour la messe. 

La tradition viticole de La Salvetat-Saint-Gilles, jusqu’à un passé récent, n’est pas à démontrer. 

La vigne participait au plaisir d’une table accueillante et gourmande. Un souvenir ému pour le cépage Othello[15] qui produisait un vin de table d’une douceur exquise et très riche en arômes (notamment de framboise) .

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[12]      Entre le XIIe et XIVe siècle.
13]      THOLOSANENSIS  Évêché créé au IIIe siècle. Archevêché le 26 mai 1317. 
[14]
http://www.lasalvetatautrefois.fr
[15]     Prohibé depuis 1935, seuls les membres de l’association « Mémoire de la Vigne » ont le privilège aujourd’hui d’y goûter !





LE CURÉ SOUS L’ANCIEN RÉGIME

 

L’Église encadre  la vie des chrétiens  de leur naissance jusqu'à leur mort par l'intermédiaire des sacrements. 

Dans les paroisses, le curé sait lire et écrire. Il gère les biens de la paroisse. Il est qualifié pour tenir les registres, enseigner aux enfants, témoigner des événements vécus par la population :

C'est l'ordonnance de Villers-Cotterêts d'août 1539 qui institue la tenue de registres  et le dépôt d'un double au greffe du bailliage ou de la sénéchaussée : «les annotiers des paroisses ont à tenir registre complet de tous les décès, naissances ou mariages selon jour et heure exacte que les français devraient leur déclarer,..  afin que l'on sache en ce pays qui y vivait et mourait». 

Cette tradition administrative montre le poids de l’Église dans la société de l'ancien régime. 

Un exemple de contrat entre marchands Toulousains et le Recteur (ou Curé) de la Salvetat Saint Gilles[16]   :«Le 30 mai 1569, le collège Saint-Martial fut le témoin du contrat de fermage suivant. Maître Bernard Audric, recteur de la Salvetat Saint-gilles "en Gascoinhe" affermait à Jean Ramboisson et à Jean Prieur, marchands de Toulouse, tous les fruits décimaux du bénéfice de la Salvetat, sauf le "verroilh" que le recteur réservait pour son vicaire. Le contrat était passé pour quatre années et quatre récoltes et pour le prix et somme de cent soixante livres par an, payables en Toulouse aux termes archiépiscopaux». 

Les deux fermiers étaient ténus de payer toutes charges ordinaires et extraordinaires, comme sont les décimes qui leur seraient remboursés au terme de chaque Ascension. Le recteur répondait des cas fortuits comme l'archevêque le faisait pour ses fermiers :

"et s'il advenoit aulcun dommaige, les fermiers seront tenus de venir démontrer ce dommaige dans huictaine pour le faire extimer, et où et quand, après le dommaige extimé, ne s'en pourroient accorder, sera loisible aud. Audric recteur de reprendre le bénéfice à sa main en payant auxd Ramboisson et Prieur fermiers les loyaux découstements, dommaiges et intérests..." 

Notes : Le prêtre de la paroisse n'est  pas  seul à enregistrer les événements, ainsi, en  1574, le Seigneur de Fourquevaux dans son "Discours au Roi du Comportement de ses sujets" mentionne l'occupation de La Salvetat Saint-Gilles par les Protestants[17].



[1]      Bannière de l’Ordre des Hospitaliers - bulle de Pascal II -  15 février 1113
[2]      Autorisation  Éditeur du 29 septembre 2016
[3]      Extraits d’une étude existante  plus détaillée.
[4]      Archives de la Société Archéologique du Midi de la France, Documentation DRAC-CRMH Midi-Pyrénées
[5]      Les genêts du bord du chemin vers Saint Jacques de Compostelle ?
[6]      Après les croisades, les catholiques ne peuvent plus, durant cinq siècles, faire le pèlerinage de Jérusalem.
[7]      Dans un texte du cartulaire de Saint-Clar -plus ancien- les lieux avaient le nom de  Saint-Jean du Castellar.
[8]      La commune fut préservée, il en fut de même, lors des épidémies de 1481 et  1493.
[9]      La papauté a créé l’Inquisition en 1231, dix ans après sa mort.
[10]     Vie religieuse à La Salvetat (Archives départementales)
[11]     Études sur les sauvetés castrales" par Gérard Pradalié. 1990. http://www.bastides.org/nouvelle_approche.htm
[12]
     Entre le XIIe et XIVe siècle.
[13]     THOLOSANENSIS  Évêché créé au IIIe siècle. Archevêché le 26 mai 1317.
[14]     http://www.lasalvetatautrefois.fr
[15]
     Prohibé depuis 1935, seuls les membres de l’association « Mémoire de la Vigne » ont le privilège aujourd’hui d’y goûter !
[16]     Archives notariales 879, f° 85 )
[17]     Vie religieuse à La Salvetat (Archives départementales)

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UN PASSÉ GLORIEUX

 

PLAIDOYÉ[1]  POUR  L’ ÉRECTION DE LA CHAPELLE VICARIALE  EN  SUCCURSALE
de Mr Henry VIGNES, Maire de La Salvetat Saint Gilles en 1845 

 

Le 13 mai 1845, Mr Henry VIGNES, Maire de La Salvetat,  émet le vœux que la chapelle vicariale de la commune soit érigée en succursale (ou cure). 

Il expose au Conseil Municipal  toutes les raisons qui peuvent militer en faveur de cette demande : 

« Considérant que l'église de la Salvetat est une des plus anciennes du midi de la France, que la cure comptait autrefois et depuis longtemps  au nombre des plus importantes du diocèse de Toulouse puisqu'on la voit  figurer dès avant le XVIIe siècle parmi les 40 rectories formant l’archiprêtrées du LHERM et qu'elle occupait le 12e rang  de préséance dans les synodes de ce diocèse, précédant les rectories de St Lys, Leguevin et Muret, aujourd'hui archiprêtrés et doyennés, elle était à la même époque cure à la collation de l’archevêque qui tous les ans venait y faire une visite pastorale. C'est ce qui résulte des anciens titres et notamment d'un document qui se trouve dans les archives du département de la HG et  est intitulé : « rôle des dignités abbayes, archidiaconnies, archiprêtrées et rectories dont le diocèse de Toulouse est composé et lesquels sont obligés de se trouver aux synodes de diocèse ». 

Considérant que l'église de la Salvetat n' a pas cessé d'être cure et de conserver son rang jusqu'à l'abolition du culte catholique en France et que ce n'est que par suite du malheur du temps et de l'insuffisance des ressources qu'elle doit de n'avoir point repris, lors du rétablissement de la religion, son ancienne position, et que ces causes ayant heureusement cessé, il est convenable et juste de faire jouir les habitants de l'antique commune de la Salvetat d'une partie des avantages religieux dont ils étaient autrefois en possession. 

Considérant que la Salvetat occupe une position centrale sur le plateau compris entre la vallée de l'Aussonnelle et du Touch, et que cette situation attire dans son église un grand nombre d'habitants des communes environnantes dont les habitations en sont plus rapprochées que les églises de leurs chef lieux, qu'ils y viennent habituellement remplir leurs devoir religieux, ce qui rend plus considérable qu'il ne le paraît le nombre de fidèles auxquels l'église de la Salvetat est utile, et que ce motif doit faire disparaître l'objection que pourrait présenter la petite population de la commune, 

Considérant que depuis plusieurs années les habitant de la Salvetat se sont imposés de grands sacrifices pour l'entretien, les réparations et les embellissements de leur église, ainsi que pour l'achat des ornements servant à l'exercice et à la splendeur du culte, qu'ils ont en 1834 racheté l'ancienne maison curiale  et ses dépendances, vendues en 1793[2] au profit de la nation et que toutes ces dépenses ont été faites de leurs propres deniers et sans aucune subvention, ce qui doit être un titre à la bienveillance du gouvernement, 

Considérant que dans le désir d'assurer une position convenable au desservant, le Conseil Municipal vote chaque année une somme considérable et hors de proportion avec les minimes revenus de la commune, indépendamment des autres dons en nature que les habitats se font un devoir de fournir ; que les mauvaises récoltes de ces dernières années et les désastres dont ils ont été affligés ont épuisé leurs ressources, et qu'ils est à craindre, dans la prévision de nouveaux fléaux, que la commune ne puisse dans la suite supporter de nouvelles charges, ce qui vu le modique traitement accordé à leur pasteur, pourrait priver ses habitants des bienfaits de la religion, qui est leur intérêt le plus cher, et auxquels ils ont droit comme tous les autres français, 

Considérant enfin que dans l'état actuel des choses, la position du desservant est toujours précaire et qu'il est essentiel pour le plus grand bien de la religion inséparable de celui de l'état, que ses ministres occupent une position indépendante et digne en rapport avec les fonctions élevées et si utiles qu'ils remplissent dans la société, 

Émet le vœux à l'unanimité que la chapelle vicariale[3] soit érigée en succursale[4].
 

                                        Ainsi fait et délibéré à la Salvetat, ce jour mois et an que dessus et ont signé… »
 

Tout est dit…  La  demande, renouvelée en 1855,  n’a pas abouti ;   l’église communale de La Salvetat est restée liée à la succursale (ou cure) de Léguevin.
 

Les documents recueillis aux archives diocésaines décrives -à cette époque- un environnement rude, des pauvres gens soumis aux aléas  de la paysannerie, un clergé souffrant, mal logé.  Ils  s'observent et cohabitent. Ils sont dépendants de  l'Archevêque de Toulouse et  aspirent  à une vie meilleure.

Extraits  de correspondances [5]  : 

En 1835 - La cohabitation étroite avec un homme âgé, pourtant « enchanté de loger son curé », et deux jeunes filles de 18 et 20 ans, est insoutenable pour Mr MARESTAING  qui  « s'oblige à se tenir dans la plus scrupuleuse réserve ». Il ne souhaite cependant pas être logé par le Curé de Léguevin à 1h sur un chemin souvent impraticable que se soit à cheval ou en charrette. Il décrit ses paroissiens en ces termes : « les pauvres gens sont Duro Cervile et d'une ignorance effroyable ». Ce que l’on pourrait traduire par « taillable et corvéable à merci, obligé de labourer, moissonner, faucher, façonner la vigne, curer les fossés du château, faire et entretenir les routes. »[6]
 

Dans d’autres correspondances, ont note combien les paroissiens entourent leur curé « avec affection ». La situation de Mr PAGES (le second) , Curé qui succède à Mr MAJORAL en 1843, est remarquable à cet égard, il refuse de quitter La Salvetat.
 

Le 11 Août 1866, l’établissement d'un maître d'école[7] à La Salvetat et la construction d'une Maison d’École face au Presbytère par la Préfecture précipitent la rupture entre  Mr DUCLOS , Curé de la Paroisse depuis 14 ans,  et Mr DELGAS, Maire de La Salvetat.[8]
 

Mr le Maire demande un changement de prêtre à Mgr l’Archevêque. Mr DELGAS termine sa lettre ainsi :

« Je termine, Monseigneur, en vous déclarant que l'intérêt de la religion et le repos de la commune exigent l'éloignement immédiat de Mr le Curé DUCLOS. Je ne puis entrer dans d'autres détails mais nous espérons, Monseigneur, que vous aurez pitié de notre pauvre situation, eu égard que de tout temps à la Salvetat on a toujours bien aimé et chéri tous les prêtres qui l'ont desservi et que vous accueillerez notre humble demande».
 

Au début de l'année 1885, l'Institutrice de l'école de La Salvetat-Saint-Gilles, Mme de LASSUS,  écrivait dans sa monographie[9] :

« La religion est essentiellement catholique et les exercices religieux régulièrement suivis. La moindre petite fête trouve les habitants réunis à l'église ; ils abandonnent volontiers leurs occupations journalières pour aller où leurs croyances les appellent. Malgré cela un peu de superstition se mêle à leur foi : ils croient facilement aux revenants, aux esprits, ils vont consulter le devin dès que leur enfant ou leurs bestiaux sont malades ».…/…

Rencontre-t-il quelqu'un sur son passage, il le salue se découvrant et en ajoutant à son bonjour une adresse qui souvent a pour objet un être invisible  (L'Ange Gardien) »[10].

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[1]      A.D. - 1 NUM AC 5570 (p36)
[2]    Tout ce qui le pouvait, dans l’église et le presbytère, fut réquisitionné pour participer à  l'approvisionnement au grand pont d'artillerie de l'avancée des                           Pyrénées. L’une et l’autre furent vidés.
[3]    La chapelle vicariale n’a, pour quelques uns de ses biens que l’usufruit, dont la nu-propriété est attribuée à la cure (ou succursale) dont elle dépend.  Le traitement          du vicaire desservant était  initialement de 500 f l’an.
[4]    La succursale ou cure conserve la nu-propriété des biens à elle rendus. Le supplément de traitement du curé desservant  était  initialement de 300 f l’an.
[5]    Archives diocésaines : Lettre de Mr Marestaing à Mr l'Archevêque de TSE
[6]    E. ZOLA – La terre – 1887 
[7]    Les lois Ferry de la fin du XIXe siècle rendent l'école laïque, obligatoire et gratuite. Les Hussards noirs sont des figures emblématiques de cette époque. Luttant               dans leurs « maisons d'école » contre une municipalité cléricale et le curé de la paroisse, ces instituteurs, inculquent aux écoliers les valeurs de la République par               l'enseignement de l'histoire, de la morale et de l'instruction civique.
[8]    Note du Secrétariat Gal Délégué. (archives diocésaines)
[9]   .Entre 1885 et 1889, les monographies communales ont été rédigées par les directeurs des écoles primaires du département, sous l'impulsion du Conseil                                départemental  de l'Instruction Publique.. Il s'agit de tableaux de la physionomie des communes à la fin du XIXe siècle, les monographies des instituteurs nous                    renseignent sur la  situation géographique, la population, l'histoire, la vie économique et bien sûr l'enseignement
[10]  (archives départ. HG, cote BH br°306, Salvetat-Saint-Gilles (La), Extraits de la monographie communale par Lassus  de, 1885. -10 p. : ill. noir    et blanc ; 30 cm).

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       LISTE DES CURÉS DE LA PAROISSE DE LA SALVETAT SAINT GILLES                                                                     (1680 /1940)  [11]

 

Année d’un événement marquant :

1680                                                                        Abbé  DONADIEU 

1707-                                                                       Abbé Bernard BRUGUIERES 

1724 – 1731 Abbé  BOULÉ 

1737 – 1738 Abbé PARDON  

1738 – dcd en 1775 inhumé à La Salvetat           Abbé Jean François  MONICOLLE

1775 -  dcd en 1783 inhumé à La Salvetat           Abbé SÉRÉ 

1783 – 1791 Abbé ROUCOLE

 - dcd en 1792 inhumé à La Salvetat                   Citoyen  CHAMBON

29 05 1791/1er Avril 1792                                    Citoyen CURBELIER

1792 – 1794                                                           Citoyen  PAGES

1833                                                                       Abbé MARESTAING

1835 - 1837                                                            Abbé SALVY 

1839                                                                       Abbé MENVIELLE 

1842 – 1843                                                           Abbé MAJORAL 

1843 – 1848                                                           Abbé PAGES bis 

1853 – 1867                                                           Abbé DUCLOS 

1886/1906                                                              Abbé AVERSENQ 

1906                                                                       Abbé Jean BROUCHET

1924                                                                      Abbé Pierre Louis BORDES 

1924 –1940                                                           Abbé SOLOMIAC (12)


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[11]      Archives Départementales 31 D, extraits Registres paroissiaux et Conseils Municipaux
[12]     Dernier Curé résidant  sur  La Salvetat-Saint-Gilles

 

 

LOI 1905 – SÉPARATION DES ÉGLISES ET DE L’ÉTAT [13] 

 

« INVENTAIRE  DESCRIPTIF  ET  ESTIMATIF  DES  BIENS  DE  TOUTE  NATURE

DÉTENUS  PAR  LA  MENSE  CURIALE  DE  LA  SALVETAT[14]

le 5 mars 1906

 

Présents : Mr BROUCHET Jean, curé de la paroisse, Mr MILLET Jacques Président de la Fabrique, Mr Marty Jacques, président du bureau, Mr DELRIEU percepteur à Auriac. 

Biens de la mense : néant 

Biens de la fabrique : 

►     biens meubles (linge, ornements et objets de culte, statues, vases et livres, meubles et boiseries)  pour 1414,65 fr

      ►    biens immeubles  pour 1259,10 fr


Total : 3 073,75 f 

à noter que certains  de ces objets sont revendiqués par des paroissiens sans doute pour les soustraire à une éventuelle réquisition…

 
Biens des départements et des communes
 :

►    une église élevée sur un terrain d’une superficie de 501 m²

►     un maître autel en marbre

►      une balustrade en fer pour communion

►      une chaire simple en bois noyer

►    deux autels de chapelle en marbre

►     deux balustrades en fer aux deux chapelles (Saint Sacrement et Fonts Baptismaux)

►     deux cloches en bronze

►      deux vitraux grisaille

►     un bénitier avec pied marbre (traces encore visibles au centre de la nef)

►      un baptistère-piscine marbre avec pied marbre

►    un vitrail aux fonts baptismaux

►      une sacristie d’une superficie de 9 m² (actuelle sacristie)

►      un presbytère avec jardin d’une superficie de 350 m²

►    une deuxième sacristie d’une superficie de 12 m² (attenante au presbytère).

 
déclaration concernant l’actif et le passif
: 

Dans «  la caisse à 3 clés » il a été trouvé des titres, obligations… pour 261 f

(résultant de legs pour faire dire des messes à perpétuité pour le défunt, ou achats de la fabrique )  

« l’inventaire s’est effectué sans difficultés si ce n’est une protestation qui a été lue par le curé en présence des fabriciens et des marguilliers ».

 

De l’inventaire de 1906, il reste : 

►      le Maître Autel en marbre,  aujourd’hui séparé du mur pour pouvoir en faire le tour et célébrer face aux paroissiens[15],

►      un banc de communion, renouvelé en 1920 ; lorsqu’il a été question de l’ôter après Vatican II, les paroissiens s’y sont opposés.

►      les deux cloches, les plus anciennes en bronze (1785 - 1842)

►    un baptistaire-piscine avec  pied en marbre (aux fonts baptismaux)

►      un vitrail aux fonts baptismaux (restauré en 2006)

►      la sacristie de  9 m²

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 [13]     L’église de La Salvetat, antérieure à 1905 est propriété de l’État.  Les édifices cultuels postérieurs à 1905 sont la propriété des associations cultuelles ou                              diocésaines  qui les ont construits.
[14]  AD- 2Q2 26   (510)  -  p 236 et suivantes
[15] 1962/1965  - Le Concile VATICAN  II a eu un impact majeur sur la manière de gérer l’espace intérieur de  l’église pour privilégier la participation des fidèles






LE PRESBYTERE OU MAISON CURIALE

 

La maison presbytérale est  bien communal. 

Le presbytère attenant à l’église, aujourd’hui Mairie de La Salvetat-Saint-Gilles, a une très longue histoire. En 1707, il n’y a pas ou plus de presbytère depuis plusieurs année. Le curé  loge chez l’habitant ou dans une paroisse voisine :

« Mr Bernard BRUGUIERES, prêtre et nouveau curé (de la Salvetat), ayant fait assigné devant Mr le Sénéchal de Toulouse la communauté du dit lieu  par exploit du 28/05/1707  ..., Mr de LOMBRAIL, Conseillé au Parlement, Seigneur de La Salvetat,  et le conseil ont été d'avis que la communauté ne se pouvait pas se dispenser de loger le sieur Curé pour éviter les dépens d'une condamnation qui serait inévitable et très nuisible à la communauté ».
 

La maison du sieur GABRIELLE (située près de l’église) ne convenant plus au vu de son état de délabrement, le 3 Novembre 1726, « La communauté des habitants promet de faire les corvées nécessaires et fournir  les journées pareillement nécessaires pour la construction d'une maison presbytérale » ; la construction de la maison curiale aura mis plus de 20 ans.
 

Dès lors, les séances ordinaires  d’Assemblées de consuls, se feront « au lieu dit la Salvetat Saint Gilles, diocèse et sénéchaussée de Toulouse,  pour le bon  plaisir de Mr le curé,  dans une chambre de la maison curiale ...», l’affichage municipal se fait à la porte de l’église, la convocation des habitants se fait au son des cloches.
 

A la révolution de 1789, la maison curiale est vendue comme bien national, elle est ensuite rachetée par la municipalité en 1835  (pour 4000 f au Sieur DUFFAUT). Mr MARESTAING, curé de La Salvetat à cette époque peut  à nouveau y habiter.

 

Jusqu’en 1940, le presbytère reste à la disposition du curé de la paroisse. Par la suite, la maison presbytérale sera louée à un particulier.

LA CHAPELLE VICARIALE

 

L’église actuelle a été bâtie sur les vestiges de l'ancienne chapelle ou église attenante à la forteresse médiévale qui se transforma, dans les premières années du XVIIe siècle,  en château de plaisance pour  les villégiatures toulousaines.
 

« L’église aurait été dédiée anciennement à saint Vital ...

L’église Saint-Gilles est une église à nef unique de 4 travées, voûtées sur croisées d’ogives, et éclairée par des baies dont les vitraux ont été restaurés récemment.

A l’ouest, un porche précède l’entrée dans l’église et la première travée est surmontée d’une tribune portée par deux colonnes et deux pilastres engagés dans les murs.

 Sous la tribune, côté sud, la chapelle des fonts-baptismaux, et dans la première travée, une porte conduit à une salle construite au 19e s[16]. Au centre de l’allée, le sol conserve une plaque grise avec un rond rose témoignant de la présence d’un bénitier.

Une chapelle latérale s’ouvre au sud, au niveau de la dernière travée de nef, et donne accès à la sacristie.

Le sanctuaire est constitué d’une travée droite et d’une abside à trois pans. Il est marqué par une grille de fer forgé, ouverte au centre, datable du début du 19e siècle. L’autel de forme tombeau, en marbre violet et blanc,  est l’ancien autel, avancé en respect des nouvelles règles liturgiques. L’emmarchement a été ./.  peint : des sondages permettraient de savoir s’il est en marbre ou en terre cuite, de façon à employer une technique de nettoyage adaptée et efficace.

 

 

A l’extérieur, sur le pignon Est de l’église, une petite statue de saint, moine ou évêque »[17]...

 



[16]     En 1859, la construction d’une chambre de décharge pour les chaises  prend sur le cimetière, 11 m de long sur 2m, 50 de large.
[17]     26 Novembre 2014 - Expertise de Mme Nicole Andrieu, Conservatrice des Antiquités et Objets d’Art, Archives Départementales 31 (Visite du 13 novembre 2014).

                                                                            ===========================

Sous l’Ancien Régime, la règle de l'ensevelissement en terre consacrée étant absolue, les membres dirigeants de la communauté ecclésiastique et de la noblesse locale cHerchent à se faire ensevelir, dans la mesure de l'espace disponible, dans les églises.[1] 

Trois sépultures de châtelains, en l’Église Saint Gilles, sont mentionnées aux Archives Départementales, dès 1551 et jusqu'en 1668  : Armand Rigaud, Jacquette de Voisins, et Pierre de Lombrail. 

Sources :

25 août 1551 - Testament de Jacquette de Voisins, veuve de noble Arnaud Rigaud, seigneur de La Salvetat Saint Gilles,  inhumée à l' Église Saint Gilles de La Salvetat, aux côtés de son époux. Son héritier est Jean Rigaud, son fils  (Archives départementales de la Haute-Garonne, 3E 11868, n°13207, cité par André Navelle, 1995, t. IX p. 79- 81" p 15) .

7 février 1668 - Testament de [Pierre-]Louis de Lombrail, conseiller au parlement de Toulouse :

"Premièrement, je veux être enterré dans l'église paroissiale de La Salvetat Saint Gilles. J'institue mon héritière universelle et générale Dame Gabrielle de Niepce, ma très chère et bien aimée épouse".  (Archives départementales de la Haute-Garonne, 3E 11846, n°5419-2" p  16) .

Dame Gabrielle de Niepce  est-elle inhumée à ses côtés ?
 

Notes :

Dès la construction de l’ancienne chapelle (ou église) attenante à la forteresse médiévale, le vieux cimetière -aujourd’hui cimetière du Vallon- s’est logé à proximité immédiate de l’église pour accueillir le commun des mortels. Progressivement (1789/1905) le cimetière n'est plus administré par l'Église et le pouvoir religieux, mais par l'autorité municipale[2].

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[1]      Des fidèles, suffisamment aisés, peuvent jusqu'au XVIIIe siècle se faire inhumer dans la nef, ce qui assure de substantiels revenus à la Fabrique. Le sort                          des plus humbles reste à cette époque la fosse commune.
          Une ordonnance royale du 10 mars 1776 interdit d’inhumer dans les églises, avec de possibles exceptions pour quelques privilégiés.

[2]   Achat d’un corbillard par la commune le 17 août 1912 (par souscription volontaire des habitants, ( AD 31 CM p144) – aujourd’hui  au Musée des Arts et Traditions         Populaires du Lherm HG.

 

LE CLOCHER-MUR du XVIIe

 
De l'ancien édifice, que reste-t-il sinon les fondations et  le clocher - mur ? 

L’église est pourvue d’un clocher - mur que l’on peut dater du XVIIe siècle. Le mur unique de la façade est percé de trois petites baies, En partie basse, deux cloches sont protégées par un auvent en charpente. 

La conservation du bien exige une vigilance toute particulière vu son très grand âge (grosses réparations en 1837, électrification de la sonnerie en 1965, inquiétudes en 1971). 

« Mr Faucher, ancien conservateur des antiquités et objets d’art durant les années 1940, note, lors d’une visite à l’église en compagnie du curé, qu’au clocher de l’église,  deux cloches sont datées de 1842 et 1785, la seconde* portant une inscription en plusieurs lignes : SAINT GILLES. MR DE MARSAT CONSAILLER AU PARLT DE TOLOS….suivent les noms du premier et du second consul LAFON FESIT.- La date 1785 est placée au pied de la croix composée de rinceaux. (D : 0.90 m environ et H : 0.60 m) ».

 
Trois cloches y sont aujourd'hui fixées :

           ►    Cloche de 1785*  (a échappé à la réquisition de 1793, figure à l’inventaire de 1906)

            ►  Cloche de 1842 - Marraine : IDRAC, Parrain : DESTARAC ( figure à l’inventaire de 1906)

►  Cloche de 1854 -LOUISON-Fondeur.
Marraine : Berthe GUARD, Parrain : Léon CLAUSSADE  (cloche de l'école du village).

 

 Les derniers  sonneurs de cloches sont  issus des familles ESCLASSAN et    DOUAT. A partir de 1924, le sonneur  de cloches, jusqu’alors payé par le Curé,   l’est par la municipalité.

 

 En 2016, l’état du clocher de l’église   est  reconnu  préoccupant par la      Municipalité. Sonner les cloches « à la  volée »  n’est plus possible pour le          sonneur de cloches qui craint d’ébranler    l’édifice…

 

  CONSERVATION DE L’ÉDIFICE

 
 
« Le 10 avril 1785  au lieu dit la  Salvetat Saint Gilles, diocèse et    sénéchaussée de Toulouse,  pour le  bon  plaisir de Mr le curé,  dans une  chambre de la maison curiale, les consuls délibèrent …

Mr l’Archevêque de Toulouse ayant fait la visite de l'église du lieu dit le 13 octobre dernier… a constaté les réparations nécessaires et urgentes à faire à l'église…  le Sieur BRANDIN, Vicaire Général,  a rendu son ordonnance à faire les dites réparations dans le délai de 10 mois à compter du jour de la publication de la dite ordonnance, que le tout a été lu et publié à la messe de paroisse le 1er de l'an de la présente année…  et interdiction de l'église si, dans les 6 mois à compter de la dite publication, les réparations ordonnées n'étaient pas faites et parachevées... »

 

/… Des divers postes cités, il reste  :

   ►   une des  cloches  refondue ( refonte faite en 1790)

   ►  la croix fixe du cimetière renouvelée.

   ►   la croix en fer sur un piédestal en brique à la place du devant l'église servant pour les stations à la procession du jour du dimanche,

 Financement par répartition volontaire entre les habitants ... (102 cotisants) en 1803. 

 Au printemps 1887 le plafond de l’église menace de s’effondrer :

Le legs de Mr DELGACH, la souscription volontaires des habitants, la ventes de parcelles communales, la participation de la Fabrique[3] et l’intervention du Ministre, aboutissent à la mise en œuvre du chantier : Devis de l'architecte Mr GAZAGNES pour 4216,09 Fr. Adjudication 07/08/1887 à Mr Charles DURAND à Pibrac. Réalisation des travaux en 1889.

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 [3]  L’ordre d’établir des fabriques dans toutes les paroisses du ressort du parlement de Toulouse ne date que de 1772. Pour les communes de moins de 5000                        habitants,  il se compose de 7 membres dont obligatoirement le Maire et le Curé (marguilliers),  les 5 restants (fabriciens), étant nommés en assemblée par les                     paroissiens, pour 6 ans.  Les marguilliers rendent compte de leur gestion à l’évêque au cours d’une visite en paroisse.

                                                                                                        -:-:-:-:-:-:-:-:-:-

Plan de Mr GAZAGNES, architecte en charge du projet de réparations[4]

 

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[4]  A  noter : des escaliers d’accès à la tribune face à la chapelle des fonts baptismaux, l’absence de communication entre la sacristie et le presbytère (suppression de la        seconde sacristie), la place de l’Autel


 


[1]

      

    En 1920, Léopold MANAUD, Maréchal          Ferrant à Rieumes, accepte -à la demande
    de l'une de ses  filles habitant La Salvetat 
     Saint-Gilles- d'offrir à l'église des nouveaux
     bancs de communion et l'applique de la 
     veilleuse du  Saint-Sacrement [2].

 

    Depuis 1905, la Municipalité, propriétaire         du bâtiment, intervient pour sa conservation       environs tous les dix ans. Il s’agit toujours de      « réparations nécessaires et urgentes »            selon le terme consacré :
 

                En 1921, réparation urgente des vitraux de          l’église, travaux effectués par Mr Louis              St BLANCAT, Maître Verrier à Toulouse.

                     Interventions de conservation au niveau de la       toiture en 1935/1945/1955.

                   En 1960, le porche, exposé plus que le reste      du bâtiment à l'humidité, est rénové par              Mr  Yvon LUYDLIN, artisan maçon à la            Salvetat-Saint-Gilles.

            Le 9 mai 1970 -  Remaniement de la toiture       de la sacristie et du vestiaire de la chapelle         (subvention de la commission  départementals)  

 

         

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[1]  A noter : balustres de part et d’autre des colonnes au départ de la nef 
[2]  Témoignage recueilli auprès de la dernière des cinq filles de Mr Léopold MANAUD le 21 septembre 2014 JEP

                                                                                            -:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-

Le 20 décembre 2006, l’atelier HELLIO-VITRAUX de Boussens  HG, entreprend la remise en état de certains vitraux de l'église et la création complète d’autres :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ü      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                               

                                             En 2007/2008, rénovation complète de l'ancienne décharge pour les chaises. Cette salle,
                                             communicante avec l'ancien confessionnal et la chapelle, peut aujourd'hui servir au prêtre
                                            
lorsqu'il souhaite recevoir.
 
                                                   

       

Une exposition sur l'Art Floral Liturgique a pu y être organisée en 2013.

A  l'occasion  des journées Européennes du Patrimoine, cette salle  devient salle d'exposition pour l'Histoire de la paroisse et les anciens objets de culte.

L'Assemblée Paroissiale s'y tient chaque mois, en toute convivialité,  autour d'un repas partagé.

 

 

    A l’été 2015 - « Remarquable et respectueuse rénovation des portes Ouest et Nord de l'église à l'initiative de la Municipalité. « Des portes qui rassemblent : « Avouez que c'est un comble venant d'un objet dont la fonction est de séparer, voire interdire, l'accès d'un lieu. Et pourtant, les portes de l'église de La Salvetat-Saint- Gilles ont vu tour à tour des jeunes salvetains, des paroissiens et un adjoint de la Mairie, œuvrer  côte à côte pour redonner un coup de jeune à ce patrimoine historique communal, propriété de tous les Salvetains croyants ou incroyants ». B.d.L

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Comme par le passé, les paroissiens d’aujourd’hui, artisans ou non, ont orné, peint, réparé, innové,  décoré et fleuri,  pour qu'elle s'adapte au progrès et soit  accueillante. L'idée du service rendu prévalant sur toute forme de reconnaissance. 

 
A ce jour, l'intérieur du bâtiment a besoin d'être assaini contre l’humidité et repeinte., L'urgence réside dans la consolidation du clocher-mur du XVIIe siècle, sujet  pris en compte par la Municipalité. 



 

 

REMERCIEMENTS

 

aux passionnés de l'Histoire de notre Commune, en particulier à Mr Guy PEYRO, à qui  un premier essai a été confié,

à Mmes Martine de LABURTHE et Fabienne HENNION pour leur aide lors du recueil des archives paroissiales et diocésaines,

à Mr l'Abbé Jean François GALINIE-PALLEROLA, Conservateur des archives diocésaines de Toulouse qui nous a permis de consulter diverses correspondances  sur 71 ans  d'une période charnière  vers la Laïcité (1832-1907),

à Mme Valérie BARBIER, Responsable de la Commission diocésaine d'Art Sacré de Toulouse et Mme Sophie ARMAND, qui ont procédé à l'inventaire des meubles et objets de Culte,

à Mme Nicole ANDRIEU, Conservateur des antiquités et objets d'art, des archives départementales de Toulouse qui en a fait l'expertise,

à Mr l'Abbé Georges PASSERAT, historien du Moyen Age, passionné de langue et littérature occitane, qui nous a fait l'honneur d'un œil critique et de conseils pour nous lancer dans l'aventure.

 

 

De très belles rencontres !

BIBLIOGRAPHIE

     ►    site officiel de la Salvetat-Saint-Gilles : Mr Guy Peyro, http://www.lasalvetatautrefois.fr/

     ►    Archives diocésaines de Toulouse

     ►     Archives de la sacristie de l’église de La Salvetat-Saint-Gilles

     ►        Archives de la Mairie de La Salvetat-Saint-Gilles

     ►       Archives départementales AD 31 : Travaux de Mr Jean LE POTTIER,   http://www.archives-departementales.com/

► Cartulaire de la commanderie de Saint-Clar : original, Archives départementales de la Haute-Garonne, H Malte, commune Toulouse-Saint-Clar 360, n° 1

► Extrait du registre des délibérations du conseil municipal années 1776 à 1975

► archives notariales 879, f° 85

► monographie rédigée par l'institutrice du village  1885   A.D. 31 : BH BR 4° 306

      ►      Gérard PRADALIÉ « Nouvelle approche sur les sauvetés » : Études sur les sauvetés castrales" 1990, http://www.persee.fr

   ►      Nouvelle approche sur les sauvetés   Maurice  BERTHE   centre d’étude des bastides (mise à jour 29.07.2010)  http://www.bastides.org/nouvelle_approche.html

      ►   Paul OURLIAC, "Les sauvetés du Comminges : étude et documents sur les villages fondés par les Hospitaliers dans la région des                coteaux commingeois", Recueil de l'Académie de Législation, t. 18, 1947, p. 23-150.SDO. 8° P 392 ; 8° P 321

     ►      Conférence de Pierre VIDAL- "Orient - Occident : Hospitaliers en toulousain XIe – XIVe siècles":  de l'installation des hospitaliers de St Jean en toulousain, du milieu du XIe siècle à la fondation du Grand Prieuré de Toulouse au début du XIVe siècle".

      ►    Abbé SALVAN Histoire Générale de l'église de Toulouse depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours   1861

 ►  Etude sur le Château de La Salvetat par l'Agence d’Architecture Sutter & Taillandier http://www.etudeshistoriquesrea.com/pdf/ea_audits_historiques_lasalvetat.pdf

      ►      Information générale sur les croix de chemin  présentation : Jean-François Devalière. architecte DPLG   http://www.cndp.fr

      ►     La vie religieuse en Haute-Garonne sous la  révolution (1789-1801) par Jean-Claude Meyer  (thèse, Toulouse-Le Mirail, 1982)

      ►     Fonds et collection Edmond Cabié,

      ►     Historique du château de Raymond IV , origines, la ville médiévale Thierry Dutour et Odile Jacob 2003

      ►      La chrétienté médiévale :  http://www.herodote.net

      ►      La situation matérielle des membres du clergé séculier dans la France du XVIIe siècle Meuvret Jean.  in: revue d'histoire de l'église de France. tome 54. n°152, 1968. pp. 47-68.

      ►      Léon Dutil, La Haute-Garonne et sa région. Géographie historique, t. II, "Localités", Paris-Toulouse, 1929.

      ►      Guy Lavignac, Cépages du sud-ouest, 2000 ans d'histoire/Mémoires d'un ampélographe,

      ►     Pierre Casamayor, Hubert Monteilhet, Vignes et vignerons du sud-ouest, De Fallois Eds,

     ►    Fabriques des églises   Bull. des Lois No 303 (pasin. 1809, p.437) Décret du 30 décembre 1809 concernant les fabriques des  églises. http://www.legilux.public

     ►      Cl. Devic & J. Vaissette, Histoire générale du Languedoc avec des notes et les pièces justificatives, Toulouse, 1879, tXII, c.1069